Pierre Henri Ngalli Ngoua : Secrétaire de la Commission de la Production et des Echanges au Sénat

Publié le : 23rd novembre, 2016
Pierre NGALLI NGOUA

“Le Sénat doit s’occuper des intérêts des populations locales”

Au-delà de quelques anecdotes confidentielles qu’il a partagé avec l’assistance au cours de l’atelier de renforcement des compétences des maires et des chefs traditionnels sur la question des ressources naturelles, il précise l’action du Sénat dans les prochains jours.

Dans quelle posture, il faut comprendre votre participation à cet atelier de renforcement des capacités des maires et autorités traditionnelles dans les domaines de l’action des industries extractives au Cameroun ?

Je suis membre de la Commission de la Production et des Echanges. À ce titre, je suis bien au fait des questions de l’ITIE. Ma présence ici vise à mieux comprendre les dernières évolutions tant du côté des entreprises que de ce processus. Il faut qu’on arrive à un niveau où l’exploitation de nos ressources naturelles apporte une amélioration de notre Produit Intérieur Brut. Notre commission s’occupe des questions des mines et l’eau. Entre le principe de l’ITIE et son application, il y a un écart. C’est pourquoi il faut voir comment ce processus peut amener le gouvernement à s’améliorer dans le domaine. Comment le gouvernement peut appliquer la transparence dans les industries extractives.

Cet écart s’observe mieux au niveau des paiements et transferts infranationaux qui restent le ventre mou sur le plan opérationnel. Quel est votre avis sur cette question ?

Cette situation pose le problème global de la corruption au Cameroun. Il faut que les populations bénéficient de l’exploitation des ressources dans leur localité. Cela ne passe pas nécessairement par la multiplication des organismes dans le domaine pour assurer la transparence et le transfert des ressources financières réservées aux populations riveraines. Il faut réfléchir pour que l’organisme qui collecte l’argent facilite le transfert vers les populations locales. Nous avons la CONAC et l’ANIF pour lutter contre la corruption, mais leur action n’a pas encore permis l’embellissement de l’image du Cameroun en matière de lutte contre la corruption dans notre pays. Il faut un seul organisme qui a tous les pouvoirs pour vérifier que la population reçoit sa quote-part reversée par les compagnies. Il suffit de voir dans les localités les comités avec les préfets de nos départements. Je ne sais pas si les organes locaux sont bien impliqués dans ce processus.

Faut-il envisager des descentes des membres du Sénat dans les prochains jours pour améliorer les pratiques dans le domaine de l’extraction des ressources naturelles dans les localités ?

Évidemment, c’est l’une des raisons de ma présence. Le Sénat doit s’occuper des intérêts des populations dans nos collectivités. Ces questions concernent directement la décentralisation. Il faut qu’on voie ce qui ne va pas bien dans ce secteur avant de poser véritablement le problème au président du Sénat. Donc des descentes et des séminaires de renforcement des capacités des sénateurs peuvent être envisagés. Des propositions peuvent aussi être faites au niveau le plus élevé. Il faut que toutes les étapes soient bien respectées. Les fonds PPTE sont encore dans les banques et actuellement on fait des audits pour transférer ces ressources à ceux qui les ont mis à notre disposition.

 

Source : http://www.villesetcommunes.info

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